Ces mots de la langue française qui ont été oubliés

« Canuler », « futurition », « amphigouri »… Alors que, chaque jour, de nouveaux mots voient le jour dans le langage courant, principalement dans la bouche des jeunes, « cheum », « boloss », « dar » , nous avons décidé de faire un petit voyage dans le passé et de nous intéresser à 10 mots de la langue française qui sont aujourd’hui totalement oubliés et inutilisés

S’accointer

Si vous vous accointez avec quelqu’un, cela signifie que vous vous acoquinez, que vous vous liez familièrement avec cette personne. Mais attention, ce verbe peut avoir assez souvent un sens péjoratif, à savoir que vous vous liez avec des gens pour une affaire suspecte. Venant du latin populaire « accognitare » , formé sur « accognitus » , qui signifie « reconnu » , « éprouvé » , ce verbe a été classé comme « vieux mot et hors d’usage » .

Assoter

Comme vous pourriez très bien le deviner par vous-mêmes, le verbe « assoter » signifie « rendre sot » . Imaginez-vous alors en société en train de faire remarquer à votre ami que ses propos vont finir par vous assoter. Plutôt classe non ? Eh pourtant, le mot qui remonte au XIIIe siècle se voulait familier et vieux. Il peut avoir une autre signification, à savoir « rendre sottement amoureux ». Ça peut, par exemple, être pratique pour dire à votre ami que la femme qu’il a rencontré se moque de lui : « Tu t’es assoté d’une femme qui ne te mérite pas ».

Brandiller

« Agiter », « balancer », « osciller »… ont un synonyme oublié : « brandiller ». Brandiller les bras ou les jambes signifie donc bouger les bras ou les jambes, se mouvoir, d’un côté et de l’autre. A votre frère qui ne cesse de tanguer tout le temps comme s’il était sur un bateau, vous pourrez ainsi lui demander d’arrêter de brandiller. En 1863, Théophile Gautier écrivait dans Le Capitaine Fracasse, « Il brandille à Montfaucon, au bout d’une chaîne de fer, en attendant que sa carcasse déchiquetée des oiseaux tombe en la fosse du gibet, sur les ossements des camarades qui l’ont précédé ».

Canuler

Si vous canulez quelqu’un, ce n’est pas bon signe. En effet, cela veut dire que vous l’importunez, que vous l’ennuyez, en particulier par des propos importuns. Une signification que l’on aurait pu déduire du canular, que l’on connaît comme une supercherie qui a pour but de tromper et qui fait rire tout le monde sauf le principal concerné. Ce que vous n’auriez pu deviner, en revanche, c’est l’origine du mot « canuler ». Le verbe est issu du substantif « canule », qui n’est autre qu’un instrument de chirurgie avec lequel sont administrés des lavements pas très agréables. Il s’agit d’un petit tuyau arrondi (canule vient du latin « cannula » ( « petit roseau », « cannelle ») et percé qui forme l’extrémité d’une seringue ou d’un tube à injection.

Nicodème

Oubliez les mots qui peuvent blesser. Si vous voulez parler d’un homme simple, borné, niais ou parfois même imbécile, dites simplement que c’est « un grand nicodème ». Un mot très familier qui peut parler à certains religieux. Dans l’Evangile, Nicodème était le nom d’un Pharisien qui alla consulter, de nuit, Jésus pour lui poser certaines questions jugées naïves par la religion chrétienne.

Futurition

Quoi ? Cet article ne vous intéresse pas : vous préférez vous tourner vers le futur plutôt que ressasser le passé ? Le mot suivant devrait vous plaire. Dérivé du mot « futur », « futurition » est un nom féminin qui fait référence au caractère d’une chose telle qu’on peut l’imaginer être dans le futur. C’est donc une projection. Diderot parlait par exemple de « la futurition des choses », alors que Chateaubriand écrivait « Les pronostics de notre futurition sont vains ».

Amphigouri

Beaucoup moins évident, le nom masculin « amphigouri » représente une figure de style qui veut généralement qu’un texte soit confus, qu’un discours soit volontairement incompréhensible, à visée burlesque. On peut alors parler de discours amphigourique. Mais il peut, par extension, être utilisé quand ce n’est pas volontaire, quand le discours est alambiqué, obscur et absurde. Du charabia, dans d’autres termes. Emprunté au grec, « amphi » veut dire « des deux côtés » ou « tout autour ». L’origine de « gouri » n’est pas sûre : elle pourrait venir du grec « agoreúô », « parler en public » ou « gureúô », « faire tourner ». A noter : l’amphigouri désigne également en poésie une petite pièce parodique.

Bonace

Eh non, être « bonace » n’a rien à voir avec « bonasse », qui est d’une bonté excessive. Si les deux sont issus du latin « bonus » , qui signifie « bon » , le substantif féminin « bonace » représente ici l’état d’une mer très calme, tranquille avant ou après une tempête, mais aussi d’une personne dépourvue de toute agitation. Tranquillité, repos, placidité, calme, immobilité sont ses synonymes. Ainsi, dans les Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand, « Madame de Farcy s’était accoinée, avec Delisle de Sales » .

Se harpigner

Imaginez Booba et Kaaris en train de se harpigner… Eh oui, se harpigner n’est autre qu’un mot que l’on n’utilise plus ou que très peu pour dire « se battre », « se donner des coups » . Mais attention, on ne parle pas de se battre physiquement, comme sur un octogone, mais via la parole, comme par exemple sur Instagram. Bref, cela veut dire s’attaquer de la langue, se lancer des propos piquants. C’est un dérivé de « harper » , qui signifie « se saisir violemment l’un l’autre ».

Valétudinaire

Une personne valétudinaire est une personne en mauvaise santé ou dont la santé est fragile, chancelante. Du latin « valetudinarius », qui signifie « malade », ce mot peut être considéré comme un synonyme de « maladif ». Il peut également être utilisé pour décrire une chose en mauvais état, d’apparence fragile.

Sources :

http://www.academie-francaise.fr/le-dictionnaire-la-9e-edition/exemples-de-mots-supprimes

https://www.cnrtl.fr